En octobre dernier, Corrado Augias nous avait séduit avec « Racontez-moi Mozart ». Il nous revient, cette fois avec
« L’Affaire Traviata ». « Le parcours de cette fille de Normandie, Marie Duplessis, née dans le dénuement le plus complet au sein d’une famille paysanne est exceptionnel », explique le conférencier. « Son père la force à se prostituer dès l’âge de 14 ans ; elle travaillera comme servante ou comme ouvrière. Et deux années plus tard, elle deviendra une des courtisanes les plus en vue à Paris … ».
Parmi ses nombreux amants, Alexandre Dumas fils le resta neuf mois.
Quand il apprend sa mort, à 23 ans, « il a été soit ému soit très malin », sourit Corrado Augias, et en a fait l’héroïne de son roman « La Dame aux camélias », sous le patronyme de Marguerite Gautier. Giuseppe Verdi, qui assiste à une représentation de la pièce de Dumas, décide, à son tour, de se l’approprier et d’en faire un opéra.
« Il a mis un an à peine pour l’écrire, le composer et le scénariser sous le nom de
« La Traviata » (la dévoyée) où Marguerite deviendra Violetta ».
Dumas et Verdi dépeignent pleinement la société et ses moeurs d’après 1848, à l’époque de Louis-Philippe : l’ascension sociale, les salons, …
« J’ai voulu faire la même chose avec ce spectacle qui allie à la fois narration, musique et ‘images’ de l’époque », explique Corrado Augias.
« Il y a une vraie mise en scène de cette-fille-qui-changea-quatrefois-de-nom, celle de Stefano Mazzonis, et une musique, celle du chef Modugno qui va accompagner l’orchestre en faisant oeuvre pédagogique », poursuit Corrado Augias.
« J’aime le nom d’ ‘Affaire Traviata’, il est empreint d’énigme, ce qui est réellement le cas de cette pauvresse qui, entre-temps devenue comtesse, a fait tourner la tête de nombreux hommes mais dont seuls deux lui furent fidèles jusqu’à la mort ».
