Rencontre: Marc Laho


Marc Laho est un ténor liégeois avec lequel une discussion qu’on pensait être de quelques minutes dure près d’une heure tant il est volubile. Mais c’est tant mieux.

 

« J’aimais bien chanter mais je n’avais que très peu d’attirance pour l’opéra que je trouvais un genre désuet ; tout au plus appréciais-je Luis Mariano et Mario Lanza. C’est donc un peu par hasard que je me suis retrouvé à une audition pour La Mélodie du Bonheur où j’ai interprété une chanson de… Gilbert Bécaud ! »

Résultat positif : Marc Laho est engagé. Petit à petit, il gravit les échelons pour passer de choriste à soliste, même si, un jour, il est renvoyé sur-le-champ par ce même directeur.
En cause : sa participation à un spectacle alors qu’il était normalement malade…

A 23 ans, Marc Laho remporte le Concours international de Chant de Verviers.
« C’est à ce moment que je suis devenu professionnel et ai commencé ma carrière à l’Opéra de Monte-Carlo qui cherchait un ténor pour un premier petit rôle. J’y suis resté deux saisons. »

La carrière internationale de Marc Laho décolle : Montpellier, Prague, San Francisco, Paris, … « Je suis revenu à Liège pour le rôle de Lord Arturo dans Les Puritains, en 2004, j’ai ensuite enchaîné avec Le comte Ory. »

Marc Laho se dit très honoré de faire partie de la distribution de Stradella.
« Tenir le premier rôle dans un opéra peu connu écrit par un Liégeois, dans un théâtre qu’on inaugure, et mis en scène par un cinéaste qui fait lui-même ses premiers pas dans ce monde, avouez qu’il y a là de quoi être sur un petit nuage. »

Marc Laho ne craint pas les représentations de septembre. « Je ne peux que défendre au mieux cet opéra en donnant le meilleur de moi-même. C’est la raison pour laquelle je trouve ces créations mondiales très intéressantes. Comme il n’existe aucun enregistrement de cette oeuvre, aucun point de comparaison n’est possible. »
Par ailleurs, la première du 19 septembre sera à coup sûr une soirée où se retrouveront bon nombre de directeurs d’institutions musicales, « soit une vraie opportunité d’échanges. »

Marc Laho se montre très enthousiaste. « Je ne dirai pas que c’est un défi car tous les spectacles en sont un. Me retrouver dans la peau d’un professeur de chant me va comme un gant. Quand on lit entre les lignes, on trouve un mélange d’Offenbach et de Massenet. C’est un opéra comique dont la trame est très actuelle. D’ailleurs, l’histoire pourrait se
dérouler aujourd’hui. »

Stradella, au Théâtre Royal de Liège du 19 au 29 septembre 2012.