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C’est un mois de juin un peu particulier qui clôture cette fin de saison. Depuis quelques semaines, nous vivons tous un peu différemment mais nous continuons de partager notre « passion opéra », autrement !

Avec Nabucco et son « Va, pensiero » véritable hymne et ode à la liberté, Verdi nous offre l’espoir d’une renaissance qui aujourd’hui résonne d’autant plus.

Restons optimistes à l’idée de nous retrouver bien vite pour vibrer ensemble à l’unisson…

 

Un homme brisé en route pour la gloire absolue

Nabucco est le troisième opéra de Verdi, et celui qui lui a apporté la gloire. Au moment où il l’écrit, le compositeur est un jeune homme brisé : il vient de perdre consécutivement ses deux enfants et sa femme, et son deuxième opéra, Un Giorno di regno, a été un échec cuisant. Prêt à tout abandonner, Verdi accepte quand même un livret de Solera, proposé par Merelli (impresario de La Scala de Milan), alors que ce livret vient d’être refusé par un autre compositeur, Otto Nicolaï.

En un an, la partition est composée. Tiré d’une pièce française, inspirée des récits bibliques, Nabucco raconte l’opposition de deux peuples, les Juifs et les Babyloniens. L’intrigue amoureuse qui offre les péripéties indispensables au drame passe au second plan derrière le personnage principal: le chœur. Le peuple italien, en passe de trouver son indépendance par rapport aux puissances étrangères, s’est reconnu dans cette histoire de sortie de l’esclavage, et a réservé à l’opéra, dès sa création à La Scala le 9 mars 1842, un accueil triomphal. Le chœur « Va, pensiero » s’est très vite imposé comme l’hymne de l’unification italienne et fait vibrer, aujourd’hui encore, les foules.

 

Donizetti, supporter de Verdi

La création de Nabucco à La Scala, le 9 mars 1842, prit figure d’événement particulièrement significatif, tant du point de vue politique que musical.  La représentation s’acheva aux cris de « Liberté pour l’Italie », prémices du climat de méfiance, instauré par la censure autrichienne à l’encontre de Verdi.  La presse musicale se montra, cette fois, intégralement enthousiaste.  Avec Nabucco, Verdi met un terme à cette suprématie que Donizetti maintenait depuis la mort de Bellini, sept ans plus tôt, sur l’opéra italien.  Il semble que Donizetti lui-même en ait été conscient. Loin de témoigner de l’amertume devant le succès de Nabucco (comme l’avait fait Nicolaï) Donizetti, personnage éminemment sympathique, fut le premier à se faire le « supporter » de son nouveau rival.  Il alla jusqu’à superviser la création de Nabucco à Vienne pendant qu’il séjournait dans la capitale autrichienne.

Dans les mois qui suivirent, Nabucco fut joué dans toutes les grandes villes d’Europe, et bientôt d’Amérique.

(Extrait de Giuseppe Verdi, Biographie par Jacques Bourgeois)

 

 

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